Logement et urbanisme

La Rochelle cherche à renforcer son attractivité. Qui veut t’elle attirer ?

Toujours les mêmes : ceux qui veulent payer moins d’impôt « défiscaliseurs », d’une part, et la « touristes saisonniers», de l’autre. Autrement dit : les personnes qui aiment la ville pour son image et ses événements… Il s’agit de dérouler le tapis rouge ou vert — développement urbain durable oblige – devant les amateurs de bateaux, des franco folies et du festival du cinéma.

La ville compétitive fonctionne sur le triptyque nautisme + tourisme + enseignement supérieur. Le tout se veut intégré : il s’agit de mettre en place des « synergies », comme on dit en langage techno-métropolitain.

Au vue de l’augmentation du nombre d’inscrit à Pôle emploi, des fuites massives de nos matières grises locales (des milliers d’étudiants quittent chaque année La Rochelle pour d’autre villes) et de la situation économique de beaucoup d’habitants de nos territoires ; on ne peut pas dire que les stratèges de la ville et de la CDA ont réussi à renforcer l’attractivité de nos quartiers et de nos communes.

Parler, et faire ; ce n’est pas la même chose !

Comme chacun peut le remarquer, une petite minorité d’investisseurs se partagent l’essentiel du secteur de l’immobilier, de la plaisance et du tourisme. La grande majorité des artisans, commerçants et entrepreneurs rochelais, survivent comme ils peuvent. Ils déplorent que les politiques ne prennent pas suffisamment en compte leurs difficultés et leurs besoins.

Est ce que le Maire actuel veut rivaliser avec Michel CREPEAU en termes d’ « ambition visionnaire » ?

Cherche-il à créer une ville touristique dans un désert socio- économique ?
Le tourisme et le nautisme sont devenus à la fois une image de marque vieillie, une idéologie contestable et un marché qui est réservé à une certaine élite sociale.

Leurs dimensions se sont conjuguées depuis 2008 et ont abouti à la négation du socio-économique locale.

Dans le contexte compétitif du tourisme et du nautisme dans le monde, les résultats obtenus ne peuvent être satisfaisant pour tous les rochelais que s’il y a parallèlement de l’innovation social et technologique qui dynamisent la CDA et qui accompagnent ces deux secteurs stratégiques.

Qu’est ce qu’une opération d’urbanisme pour les élus sortants ?

Un cabinet connu, un entrepreneur – si ce n’est pas Bouygues, c’est Vinci, si ce n’est pas Vinci, c’est Eiffage – et une cellule de « communication » privée. C’est le tripode de toute opération de quartier.

Ont ils tenu compte des besoins des rochelais, des analyses sociologiques, des avis de l’opposition ? Les habitant des quartiers de St Elois, du centre ville où d’ailleurs sont sommés de quitter rapidement leurs espaces au profit d’une population nouvelle.

Les habitants des quartier populaire d’autrefois quittent les lieux parce qu’ils n’ont plus les moyens d’y résider. Ils ne se sentent pas représentés, et ne comprennent pas le rabotage du social de la ville au détriment des gros investissements urbains.

Pour eux, l’espace urbain n’est pas une scénographie. Et ils ne se considèrent pas comme des figurants.

La municipalité a imposé aux rochelais beaucoup de projets. Ces derniers ne comprennent pas toujours le sens des requalification urbaine et paysagère. Et n’approuve pas forcément la prise de risque sur le projet du territoire signé le 14 décembre 2017. L’Agglomération de La Rochelle prétend tracer un avenir assurant à chaque habitant de trouver sa place sur le territoire. Elle prétend être porteuse d’une vision à l’horizon 2030. Ne devrait t’elle pas se préoccuper plutôt du présent que de l’avenir incertain ? et si la vision était fausse ?

Majoritairement, les rochelaises et rochelais attendent de leur maire qu’il sache vendre leur ville aux entrepreneurs ; qu’il privilégie l’emploi non délocalisable, agit en faveur de l’économie verte, du service public et qu’il gère efficacement la ville et la CDA. Ils veulent un mairie humaniste et non comme un chef d’entreprise inaccessible. La difficulté est pour le chef d’entreprise, ce que la complexité est pour le maire. Gérer une ville c’est bien plus complexe. Cela nécessite des capacités emphatiques très importantes. La prise en compte des voix différentes, la recherche du consensus et le sens de l’intérêt général. La difficulté est simple à gérer pour n’importe quel spécialiste.

La municipalité actuelle espère beaucoup de l’arrivée massive des touristes et du nautisme pour rentabiliser les dépenses pharaoniques de la dernière mandature. Elle pense que les nouveaux arrivants et les étudiants vont occuper durablement les luxueux appartements de standing.
Persuadé que la croissance de ces deux marchés sera toujours au rendez vous pour le port de plaisance des minimes, et pour les nouveaux programmes immobilier ; ils oublient que dans le cadre de la transnationalisation du capital, les dynamiques territoriales ne peuvent plus être engendrées à partir d’initiatives locales. Qu’une bulle immobilière peut éclater à tout moment et endeuiller tristement la ville, que les « riches » retraités peuvent trouver ailleurs des villes plus attractives. Ont ‘ils déjà oublié la crise de 2008 ?
Parce que ce type de scénario ne reste pas improbable. MCR compte inscrire davantage ses processus dans l’innovation territoriale et dans la recherche de nouveaux secteurs économiques utiles pour l’emploi durable.

Qu’adviendra t’il pour le contribuable rochelais si de nouvelles dynamiques globales survenaient ou si les touristes venaient à préférer massivement d’autres destinations ?

Ne valait t’il pas mieux laisser vivre le centre ville et préserver la mixité sociale naturelle ?
Le centre ville n’existe que s’il y a des familles populaires, des enfants, des jeunes, des vieux, des écoles, des commerçants, des gens de tous niveaux et de toutes classes sociales.

Nous observons qu’il y a moins d’inscrits dans les écoles publique municipale (réduction de classes d’accueil). Plus d’inscrit dans les écoles privés. Moins d’aides pour les centres sociaux, plus de service privé et moins de service public.

MCR aurait préféré une réflexion plus sage sur les initiatives locales.