Immigration et intégration

MIGRANTS : « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre » !

« Historiquement, les migrants étaient des aventuriers »

François Gemenne

 

En tant que Rochelais, nous devons nous méfier des analyses émotives ou instrumentalisées sur les crises migratoire. La perception que l’on se fait d’une crise est parfois plus grave que la crise elle même. Concrètement, le nombre de migrants internationaux reste stable, autour de 3 % de la population mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Avant 1940, les chiffres étaient beaucoup plus importants, ils se situaient entre 6 et 10 % !!

Contrairement à ce que certains disent, nous ne sommes pas aujourd’hui confrontés à une vague d’immigration. […] Le sujet de l’immigration ne devrait donc pas inquiéter la population française. […] Nous ne devons pas mentir à nos concitoyens : l’immigration n’est pas quelque chose dont nous pourrions nous départir. De surcroît, l’immigration se révèle une chance d’un point économique, culturel, social. Dans toutes les théories de la croissance, elle fait partie des déterminants positifs. Mais à condition de savoir la prendre en charge. Quand on sait les intégrer, les former, les femmes et les hommes renouvellent notre société, lui donnent une impulsion nouvelle, des élans d’inventivité, d’innovation.

Emmanuel Macron

Historiquement, le mot « migrant » était connoté positivement. Audacieux et aventuriers, ils quittaient leur famille, leur village, et leur pays pour aller chercher une vie meilleure ailleurs. Des gens qui avaient le courage de vivre leur vie. Le terme a été dévoyé depuis un peu plus de 30 ans pour être assimilé à une anomalie.

Avec la crise des réfugiés syriens, certains dirigeants politiques n’ont pas hésité à fait croire aux électeurs qu’il y avait d’un côté les « bons » migrants, qui seraient des réfugiés politiques (car persécutés chez eux) et dont la présence en France et en Europe est de ce fait légitime, et de l’autres, les « mauvais » migrants, ceux qui décident volontairement de migrer pour des raisons économique ou environnementale, naturellement cela, ils n’ont pas à séjourner sur nos territoires. Comme si pour renforcer l’acceptabilité sociale des « bons » réfugiés aux yeux des citoyens, il fallait le faire au détriment des autres qu’ils pensent « mauvais » !

Oubliant que les réfugiés sont simplement une catégorie spécifique de migrants qui ont besoin d’une protection spécifique.

Aujourd’hui, nos perceptions sont influencées par les images véhiculées par les médias et par le discours alarmiste des uns et des autres.

Notre pays a pourtant connu une lente augmentation : environ 220 000 titres de séjour sont accordés chaque année. Ce chiffre est à peu prêt stable depuis 15 ans. Il n’y a donc ni explosion, ni invasion. En revanche, il y a bel et bien une crise d’accueil, dans la mesure où les migrants arrivent aujourd’hui dans des conditions de plus en plus difficiles, avec des procédures draconiennes. Les crises politiques que l’on peut constater, n’ont rien à voir avec les flux migratoires.

Le sentiment de crise et d’invasion que certaines personnes peuvent ressentir, les renvois à leurs tensions personnelles profondes. L’immigration interroge des peurs autour de leur propre identité collective. La logique de repli et l’individualisme font le reste. Apeurés, ils souhaitent gérer leurs propres affaires sur leur territoire, sans prendre en compte l’impact exogène que cela a partout dans le monde. À la Rochelle, nous voulons à tout pris éviter la crise de la fraternité humaine. Nous préférons nous penser comme humains solidaires de tous les habitants de la Terre.

 

LES MIGRANTS EN CHIFFRES

PERSONNES DÉRACINÉES DANS LE MONDE : 65, 6 millions (soit l’équivalent de notre population nationale)

REFUGIÉS : 22,5 millions

55 % DES RÉFUGIÉS SONT ORIGINAIRE DE 3 PAYS :

  • Syrie (5,5 millions)
  • Afghanistan (2,5 millions)
  • Soudan (1,4 million)

PRINCIPAUX PAYS D’ACCUEIL

  • Turquie : 2,9 millions
  • Pakistan : 1,4 million
  • Liban : 1 million
  • Iran : 979 400
  • Ouganda : 940 800
  • Éthiopie : 791 600

DEMANDE DE PRIMO-DEMANDEURS D’ASILE EN EUROPE

Allemagne : 60 % (722 300)

Italie : 10 % (121 200)

France : 6 % (76 000)

Grèce : 4 % (49 900)

Autriche : 3 % (39 900)

Royaume-Uni : 3 % (38 300)

OÙ SONT ACCUEILLIS LES DÉRACINÉS ?

  • Afrique : 30 %
  • Moyen-Orient et Afrique du Nord : 26 %
  • Europe : 17 %
  • Amérique : 16 %
  • Asie et Pacifique : 11 %

Sources : http://www.unhcr.org/fr/apercu-statistique.htmlhttp://ec.europa.eu/eurostat/document/2995521/7921619/3-16032017-BP-FR.pdf